La santé solidaire est-elle encore une réalité ou devient-elle de plus en plus un mythe ? Sans nul doute, elle constitue un souvenir de plus en plus lointain pour de nombreux malades, qui voient leur reste à charge augmenter à petites doses chaque année.
Lentement mais sûrement ! Participation forfaitaire, franchises médicales, contribution, augmentation du forfait hospitalier… A ces mesures votées ou adoptées par décret sans débat public, s’ajoutent les dépassements d’honoraires, contre lesquels le gouvernement ou l’assurance maladie ne semblent pas vouloir s’attaquer avec la vigueur nécessaire. Ces mesures pénalisent pleinement les personnes malades, âgées et handicapées … notamment celles qui ne bénéficient déjà pas de la CMU parce que leurs revenus ne dépassent souvent que de quelques euros le seuil d’accès à cette couverture maladie « universelle ». C’est par exemple le cas des bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapées (AAH) qui reçoivent à ce titre 681€ / mois et ne peuvent donc prétendre à la CMUc qui est réservée aux personnes dont les revenus n’excèdent pas 627 € /mois.
Aucune véritable concertation n’est ouverte, alors que la situation nécessiterait un véritable débat sur les choix de société induits par le maintien d’un système de santé solidaire, d’ailleurs annoncé il y a deux ans par le président de la République. A cet égard, l’entêtement de certains parlementaires et du gouvernement pour fiscaliser les indemnités journalières des victimes du travail malgré l’opposition des associations, des partenaires sociaux, de l’ensemble des partis politiques ainsi que de nombreux parlementaires UMP est symbolique de l’absence de volonté d’ouvrir un véritable débat public.
La FNATH souhaite que la mobilisation lancée par le CISS aboutisse à créer les conditions de ce débat qu’elle appelle de ses vœux.
Arnaud de Broca, secrétaire général de la FNATH (Fédération nationale des Accidentés du travail et des Handicapés)





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