et son transfert croissant vers des régimes d’assurances complémentaires privés et mutualistes, et ce dans des proportions sans cesse croissantes (3 milliards d’euros transférés ces dernières années de l’Assurance maladie vers les régimes complémentaires, sans discussion publique).
La FNAIR avait réagi vivement en 2007 contre les mesures prévues à l’article 35 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008 : les franchises. La FNAIR avait dénoncé alors la rupture avec les principes fondateurs de notre régime d’Assurance maladie dont la solidarité entre l’ensemble des usagers et les personnes malades, l’institution d’une taxe sur la maladie étant un obstacle de plus à l’accès aux soins. La FNAIR, en portant plusieurs milliers de pétitions émanant de personnes atteintes de maladies rénales à l’Elysée, a pu démonter les effets dévastateurs d’un abandon de la protection solidaire, qui depuis sont malheureusement avérés.
Cependant, la FNAIR et les associations de malades et de personnes handicapées n’ont pas été entendues, puisque désormais, chaque loi de financement de la Sécurité sociale amène son lot de désengagements en matière de solidarité : augmentation du forfait hospitalier, déremboursement des médicaments à service rendu insuffisant, augmentation du tarif opposable pour les consultations, vote du secteur optionnel… et enfin mise en place d’un statut «post affection longue durée [ALD] » (article 29 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale relatif à l’exonération des examens de suivi, après la sortie de l’affection de longue durée).
La FNAIR est particulièrement choquée du discrédit que cet article porte sur le régime des ALD, laissant croire que les malades atteints d’affection chronique lourde bénéficient d’une prise en charge à 100% pour tous leurs soins, alors qu’ils doivent faire face à un reste à charge sans cesse croissant, bien que, très souvent, leur maladie les prive d’un emploi stable et donc des ressources qu’ils auraient pu espérer, créant une nouvelle pauvreté dans de nombreux cas.
D’autre part, considérant que le dispositif vise toutes les pathologies, actant que des sorties du régime de l’affection de longue durée puissent être opérées en cours de période, la FNAIR craint de voir se multiplier, à cause de l’augmentation du reste à charge, les situations qu’elle a le regret de constater dans le domaine des transplantations rénales.
En effet, les personnes transplantées perdent le bénéfice de la reconnaissance de l’incapacité à 80%, accordée aux personnes dialysées et donc de l’allocation adulte handicapé (AAH), quand elles n’ont pas ou peu de revenus. Par conséquent, des personnes (souvent jeunes) ne s’inscrivent pas sur les listes de greffe ou, pire, perdent volontairement leur greffon, faute de moyens pour survivre.
A l’heure où la loi HPST prône l’éducation thérapeutique après qu’en avril 2007 Philippe Bas a présenté, à grand bruit, le plan visant à « améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques », ce projet s’avère contre-productif. Les malades chroniques sont fragiles, particulièrement les personnes atteintes d’affections rénales graves. La dialyse est considérée comme l’affection chronique qui entraîne la plus grande dégradation de la qualité de vie (Cf. Etude Registre REIN [Réseau épidémiologie information néphrologie]), n’ajoutons pas en plus une sanction économique qu’ils ne pourront pas supporter.
Régis Volle, président de la FNAIR (Fédération nationale d’aide aux Insuffisants rénaux)





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