APF

APF-Jean-Marie-BARBIERJean-Marie Barbier, président de l’APF (Association des Paralysés de France)

L’APF est de plus en plus inquiète et tient à l’exprimer publiquement en appelant à la mobilisation de ses acteurs autour de la santé solidaire en danger aux côtés de l’ensemble des associations membres du Collectif interassociatif sur la santé.

Les mesures annoncées à l’occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 (hausse du forfait journalier, imposition des indemnités journalières, déremboursement de médicaments…) viennent s’ajouter aux mesures déjà prises ces dernières années qui frappent directement les personnes en situation de handicap : participations forfaitaires, franchises médicales, dépassements d’honoraires… alors que dans le même temps, pour quelques dizaines d’euros, des personnes en situation de handicap, bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés ou de pensions d’invalidité, n’ont pas accès à la couverture maladie universelle complémentaire. Malgré les aides pour l’acquisition d’une complémentaire santé, beaucoup de personnes en situation de handicap témoignent de ne pouvoir s’ « offrir » de mutuelle alors que l’Assurance maladie se désengage de certains remboursements pourtant nécessaires.

Il devient urgent d’engager un véritable débat public autour du financement solidaire des dépenses de santé qui permette d’assurer à tous et particulièrement aux personnes en situation de handicap un véritable accès à la santé, à la prévention et au bien-être.

Au lieu de cela, les inégalités sociales de santé continuent de se renforcer. Pour les personnes en situation de handicap, l’accès à la santé exige aussi un certain nombre de préalables comme pouvoir se loger, se nourrir convenablement, accéder à l’éducation, à l’emploi ou disposer de ressources décentes quand la maladie, le handicap ou l’âge ne permettent plus de travailler. Nos interpellations, nos courriers et nos demandes concernant une adaptation de ces mesures sont restés à ce jour sans aucune réponse. C’est sans doute qu’il n’en existe pas de satisfaisante ou de cohérente à proposer à celles et ceux qui les subissent de plein fouet.

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