La réflexion sur les dimensions financières de dépenses et de recettes du système de santé ne peut être menée sans s’intéresser à la problématique de l’organisation de ce système.
En effet, qu’il s’agisse d’apporter de nouvelles ressources au système ou d’envisager la façon dont ses dépenses doivent relever de la collectivité versus des individus, toute orientation prise n’est acceptable que si l’effort financier consenti est équitable et optimisé dans ce à quoi il va être utilisé.
L’organisation du système est, en elle-même, source d’équité ou d’iniquité … et son adaptation aux évolutions sociales et démographiques peut nécessiter l’imposition de quelques contraintes individuelles aux acteurs (usagers, professionnels…) pour favoriser une efficacité optimale.
Du point de vue des usagers, l’organisation du système de santé est synonyme dans l’actualité de difficultés en termes de démographie médicale (désertification de certains territoires par les professionnels), de permanence des soins (grandes difficultés, voire impossibilité, de trouver un médecin de garde la nuit et le week-end), de manque de structures adaptées pour prendre en charge les soins de suite ou les situations de perte d’autonomie des personnes (problème de la sortie de l’hôpital, du retour ou du maintien à domicile, de la prise en charge des personnes en situation de handicap et des personnes âgées…).
Par ailleurs, de façon moins directement identifiable par les usagers mais tout aussi démontrée par les experts, le système de santé français souffre d’un manque de coordination des soins dans les territoires (le parcours de soins n’est qu’un parcours de tarif, il n’accompagne nullement l’usager entre médecine de premier recours –si tant est qu’elle existe en tant que telle en France- et médecine de spécialités, entre soins de ville et soins hospitaliers…), d’un retard dans la place accordée au préventif par rapport au curatif, d’une surconsommation de médicaments et d’actes médicaux pas forcément en lien avec un intérêt démontré pour la qualité des soins mais qui aurait plutôt à voir avec le mode de rémunération des professionnels…
Des évolutions peuvent être envisagées, mais dans un temps qui nous place forcément sur le moyen terme car la réforme de l’organisation d’un système aussi complexe requiert une adaptation progressive. La loi HPST prévoit certaines dispositions qui peuvent aller dans le bon sens … mais il nous faut d’une part attendre de voir concrètement la façon dont elles seront appliquées, et d’autre part souligner qu’elles restent certainement trop timides sur de nombreux points.
Petite énumération des réformes importantes à mener pour permettre une adaptation de l’organisation de notre système afin qu’il garantisse de façon durable une santé solidaire au 21ème siècle :
- l’encadrement de l’installation géographique des médecins
- l’encadrement de la rémunération des médecins dans son mode et dans son niveau
- l’encadrement des pratiques médicales, notamment vis-à-vis de la prescription
- la mise en œuvre de réels moyens de coordination des soins dans les territoires, parmi les professionnels de ville entre eux (question des maisons de santé par exemple) mais aussi entre ville et hôpital
- l’amélioration de la coordination des soins pourra aussi passer par le développement d’outils facilitant l’informatisation des données de santé, et leur circulation (dans le respect scrupuleux des droits des usagers)
- l’éloignement du « tout curatif » pour accorder une place plus grande place à la dimension préventive du soin





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